Igue de Cuzals n°1
EspeleoWorld
Igue de Cuzals n°1
Sauliac-sur-Célé
Sviluppo: 286 m · Profondità: 90 m
Scheda aggiornata
https://espeleoworld.com/it/c/igue-de-cuzals-n-1-sauliac-sur-cele
Le informazioni possono cambiare. Verifica sempre coordinate, accesso, meteo e condizioni della cavità prima di partire.
Abisso a Sauliac-sur-Célé (Lot). Sviluppo 286 m. Profondità 90 m. Unità geologica: Causses du Quercy.
Descrizione
Le Gaz
Il faut en parler car il représente l'inconvénient majeur dans l'exploration de l'Igue de Cuzals. A cause de lui, il nous a fallu six années et 19 sorties pour arriver péniblement aux environs de - 100 m.. Bien sûr, certaines années n'ont comporté qu' une seule sortie ou pas du tout, mais là aussi le CO 2 est respon-sable. Nous avions possibilité de première relativement facile, mais le courage nous manquait et nous différions notre exploration. Le pourcentage de CO 2 n'est pourtant pas très élevé (nous n'avons jamais enregistré au dessus de 3 % au compteur Draeger), mais la cavité est de parcours malaisé. Les parties hori-zontales sont à peu près inexistantes mais, par contre, les étroi-tures, les traversées et les passages délicats ne manquent pas. De ce fait, l'effort, musculaire est important, sans parler des cas où nous sommes chargés d'un et parfois même de deux kits (équipement-déséquipement).
Il y a pourtant une remarque que nous pouvons faire et qui, à nos yeux, est importante. Nous sommes deux à con-naître parfaitement la cavité (D.Salgues - J.Magdelaine), et nous sommes habitués à la parcourir. Dans les cavités à gaz carbonique, nous pensons que c'est un atout de premier ordre. Nous avons sou-vent invité des collègues à participer aux expéditions. Nous nous sommes rendus compte que malgré nos encouragements et nos conseils pour franchir certains obstacles, ceux-ci étaient anxieux et mal-habiles.
Il est évident que le gaz ne plait à personne; mais il est possible que certains spéléos puissent, à force de fréquenter ce genre de cavités, s'y habituer. Malgré cela, nous avons eu parfois maille à partir avec lui, J.Magdelaine surtout, et à plusieurs reprises. Par exemple lors de la sortie du 26 Janvier 80: afin de rejoindre ses camarades rapidement, il voulut progresser de - 65 à - 15, de façon normale...Arrivé au sommet du P 5, au moment de franchir la traversée, il se trouva au bord de l'asphyxie et il lui fallut faire vraiment appel à tout son sang froid pour ne pas céder à la panique, fatale dans ce genre de situation , pour régulariser peu à peu sa respiration. Ce style d'incidents pouvant être parfois dramatique, nous amène à citer ce que nous avons pu ressentir lors de certaines sorties dans les Igues de Cuzals :
* En tout premier lieu, même avec un pourcentage de gaz parfois insignifiant, c'est l'essoufflement persistant. Le rythme respiratoire est considérablement augmenté, surtout au cours d'efforts violents.
* Ce premier trouble en crée généralement un second qui est d'ordre psychologique : c'est l'anxiété. Elle va par-fois grandissante suivant les sujets, la teneur en CO 2 et le fait que l'on s'éloigne,au fur et à mesure de la progression, de l'air libre. C'est un peu le phénomène de claustrophobie.
* Une antre sensltion. bizarre celle-ci, est le goût de réglisse que l'on ressent dans la bouche, lorsque nous respirons à pleins poumons dans une nappe à teneur assez élevée en CO 2.
* La sensation précédente n'est rien, comparée aux maux de tête tenaces et très douloureux que l'on contracte après une période,de plusieurs heures (généralement au-delà de 6 h à l'Igue de Cuzals). Passé ce laps de temps, des maux nouveaux appal-raissent avec plus ou moins de régularité. Le plus à craindre est le manque d'attention dans la progression. Exemples : oubli de se' longer sur une main courante, oubli de refermer la gachette du bloqueur dans un puits, etc...) * Un autre phénomène, certainement le plus ir-régulier et le plus long à se déclencher, est d'ordre visuel. D'une part, nous avons constaté que notre champ visuel avait ten-dance a se rétrécir et, d'autre part, les couleurs devenaient certaines plus vives, d'autres plus ternes. Cette métamorphose peut durer plusieurs heures après la fin de l'exploration.
Voilà, en résumé, ce que nous avons pu constater en fréquentant ce genre de cavités. A partir de là, et afin de pa-lier ces inconvénients dont certains sont dangereux, nous avons tiré quelques idées d'après nos expériences personelles. Nous vou-lons les transmettre à ceux qui, comme nous veulent explorer ces cavités spéciales du fait de leur atmosphère riche en CO 2.
- En premier lieu, et c'est certainement un des points les plus importants, il faut absolument apprendre à bien connaître la cavité avant d'entreprendre tous travaux nouveaux. Ceci est impératif à notre avis. On peut ainsi éviter des accidents très difficiles à secourir et. c'est autant de chances de succès pour les travaux envisagés. - En ce qui concerne la progression, il faut se hâter lentement. Régulariser le plus possible sa respiration. Elle ne doit plus itre instinctive, mais dirigée. Eviter tous mouvements inutiles.
- Ensuite, lorsque l'on connait bien la grotte et les ef-fets du CO 2, on doit se fixer une durée de temps d'exploration: on évite ainsi certains désagréments qui surviennent inopiné'ment si-l'on dépasse cette limite de temps.
- De -plus, il est important de ne pas stationner dans les parties de la cavité où il existe du remplissage et des racines. En CP qui nous concerne, c'est dans ces lieux où nci,E avons enre-gistré les plus importants pourcentages de CO 2.
- En vue de travaux de longue haleine, chaque passage délicat ou difficile doit être aménagé ou équipé de façon à ce qu'il puisse être franchi avec le minimum d'efforts. - Si les travaux envisagés sont importants, il est alors nécessaire de laisser le trou équipé en permanence.
- Lorsqu'il s'agit d'une exploration, il faut absolument redoubler de vigilence et de prudence. On peut pénétrer sans s'en apercevoir dans une nappe de CO 2. En première, l'équipement est inexistant, les mouvements désordonnés; l'essoufflement intervient rapidement. Si le CO 2 est en pourcentage élevé, l'accident est possible et imprévisible. - En fin d'exploration, lorsqu'on a passé de nombreuses heures dans une cavité à CO 2, la fatigue intervient rapidement. Le désir de regagner la sortie devient impératif. Il peut être tel que, pour gagner quelques minutes, un relâchement dans la sécurité peut intervenir. Quelquefois, cela se traduira également par un manque d'attention manifeste. - Comme le disent presque tous les explorateurs de cavités à CO 2, nous conseillons comme mode d'éclairage l'éclairage élec-trique. En ce qui nous concerne, nous sommes revenus malgré tout à l'éclairage à acétylène et ceci pour deux raisons : La première est que, incontestablement l'éclairage est bien meilleur, même si la flamme est très jaune et fumeuse. La seconde est que contrairement à l'éclairage électrique qui est froid et impersonnel, cette petite flamme réchauffe et rassure. Au niveau difficultés respiratoires, elles restent les mêmes.
Hydrologie - Géologie
L'Igue de Cuzals s'ouvre dans les reliefs karsti-fiés des Causses Jurassiques moyens supérieurs ( Aalénien à Kimméridgien inférieur), dans une zone très faillée où l'on a dénombré et exploré une douzaine de cavités de plus ou moins grande importance. La présence de plusieurs émergences dont certaines très importantes : Pescalerie, Roc Troucat, Papetier, Anglanat, La Mei.- lie, etc..., nous a donné à penser que les cavités s'ouvrant dans cette zone pouvaient avoir un rapport plus ou moins direct avec une ou plusi-eurs de ces émergences. Généralement, dans ces reliefs karstifiés, les igues sont peu profondes et leur remplissage important. L'Igue de Cuzals est la seule actuellement avoi-sinant les 100 mètres de profondeur par l'exploration directe, d'où l'intérêt que l'on doit lui porter. De plus, il existe dans l'igue, une circulation interne plus ou moins importante suivant les précipitations extérieures. Nous pensons même après l'exploration du 24 Février 1980 que nous pourrons tenter,lors de la prochaine campagne, une coloration au bas du grand Puits.
Il est probable que l'igue de Cuzals est un afflu-ent d'un des importants collecteurs qui drainent cette partie du massif. La coloration confirmera probablement ces hypothèses. Et lorsque, avec un schéma simple, on voit où se situe la base du grand puits, nous avons bien quelques chances de colorer le collecteur lui-même.
Sur la carte ci-contre, nous relions en ligne droite quelques émergences parmi les plus importantes et qui sont su-céptibles d'être en relation avec l'Igue de Cuzals. De plus, nous fai-sons apparaître les vallées sèches sillonnant cette pa/tie du causse qui peuvent être en définitif le reflet des circulations sous-jacentes. (Collecteurs). On voit ainsi que le ruisselet temporaire de l'igue peut se diriger dans une vaste zone comprise entre la Merlie et la Pescalerie. Nous pourrions pencher, aux vues de ce dessin, pour le Papetier, Roc Troucat ou même Anglanat, mais faut-il rechercher ici la solution de facilité ?
Si l'on réfléchit sur les altitudes, on voit qu'actuellement le fond du grand puits se situe à 174 m et de ce fait, une circulation temporaire peut aisément se diriger vers la vallée du Célé, mais dans n'importe quelle(s) direction(s) au hasard des pendages et de la fracturation profonde. Elle peut tout aussi bien passer sous le ruisseau de Bourlandes qui, 1 km avant d'atteindre le Célé est à une altitude de 199 m.
En ce qui concerne la cavité elle-même et sa formation, nous pouvons penser qu'elle s'est creusée d'abord selon le processus habituel, à savoir : conduite forcée, aboutissement dans un système de diaclases compliqué. L'igue, devenue fossile, un important rem-plissage s'effectua : argile et concrétionnement. De plus, pen,-ant cette période, .AnE- faune très diversifiée a pu évoluer sur le maEsif. A la suite le rela, la cavité est redevenue active (nombreux témfins de cette re-activité : planchers stalagmitiques suspendus, zone de remplissage argileux nettoyé ou déplacé, transport de nombreux ossements rlime importants que l'on re-trouve un peu partout jusque dans les puits. Actuellement, om peut considérer la cavité comme à nouveau fossile malgré qu'il y ait une circulation d'eau lors de fortes précipitations (ex : journée du 24/02/80, où nous avons évalué à 1 l/s le ruisselet qui converge veis le grand puits). A sa base, elle conflue avec un autre ruisselet issu, lui, d'une lucarne située dâns la paroi, et, pour finir, l'eau passe à travers les gros blocs qui for-ment l'éboulis terminal. A noter que cet éboulis est peu à peu "aspiré" par le fond comme l'attestent les traces très visibles laissées sur les parois.
L'érosion en est donc à son stade le plus minime alors que la corrosion est intense. La calcite est attaquée mais ce n'est rien comparé à la roche elle-même. Elle est déchiquetée mème sous le concrétionnement et celui-ci tomb peu à peu par plaques entières (base du P 5).
Au niveau du grand Puits, très humide, la dsn-grégation de la roche atteint son paroxysme. Le puits est très instable sur toute sa hauteur. La roche est taraudée, torturée dans ses moindres recoins. Les chutes de pierres sont nombreuses, mêwe sans notre aide. Nous avons été les témoins de ce phénomène alors que nous atteignions la plate-forme dari.. le grand puits. Un vacarme inopiné nous a laisse" comme paralysés et sans voix durant quelques secondes. Aplq's nous avons compris qu'un bloc venait de se détacher au dessous .ÏE-› noes et partir dans le vide, rejoindre l'élocLlis à la base du grand puits.
L'eau qui rii-selle sur les parois semble plus corrosive que dans les autres cavités. Probablement, on peut attribuer ce fait au CO 2 qui circule dans l'igue; mais que penser lorsque la corrosion attaque des zones sèches et qu'elle dissout la roche derrière le concrétionnement ?... L'air ambiant, chargé de gaz carbonique est-il lui-même corrosif ?...
L'Igue de Uuzals se- compose de deux parties distinctes que nous avons dé-nommées : a) Le réseau Fossile - h) Le nouveau réseau. Nous avons considéré comme verrou pour les séparer, l'étroiture verticale située au bas du toboggan', entre -15 et -17. a) Le réseau Fossile Il débute par un gouffre d'effondrement peu profond et donnant accès à trois départs de galerie. Le premier, après une sévère étroiture, donne aunàun éboulis. Obstruction complète chircanduit. Lé second, après avoir franchi un muret de pierres sèches, donne dans une assez jolie salle. Aucune suite intéressante. Le troisième démarre par une chatière coudée de quelques mètres aboutissant à un ressaut en profondeur. La galerie se poursuit par une diaclase haute (5m par endroits) mais peu large ( ,60 à lm). Sur la gauche, le Plancher fléchit et c'est le premier toboggan, de bonne pente, calcité. A sa base, on 6st environ à -15. D là part une jolie galerie spacieuse par endroits dont les parois sont entiè-rement tapissées de concrét0ns en choux fleurs. Mais elle s'arrête sur rétrécissement et obstruction. mi revenant à la base du toboggan, sur la gauche, on découvre un court boyau pentu qui donne accès dans un étroit méandre. u'est la fameuse étrélilure vrticale et la fin du réseau fossile.
b) Le nouveau réseau : L'étroiture verticale aboutit sur un plancher stalagmitique suspendu. La galerie devient un peu plus spacieuse (L- : 1 à 2m, : 2 à 3m) et est à peu près horizontale sur quelques mètres. Au-dessous du plancher, une diaclase étroite orientée de la même façon se dirige vers le premier P20. Ce puits, relativement vaste, presque vertical donne accès après une étroiture à un enchevêtrement de diaclases. Ce lieu est à -39, par rapport à la surface. En remontant, à mi-puits, sur la gauche, on retrouve le méandre bien marqué nu plafond, très plongeant. il amène, au bout de quelques mètres au so vet du r5. La base de ce puits est torturée. On y remarque des fissures profondes qui doivent rejoindre le gouffre un peu plus bas. En face du puits, il y a le second toboLi.n, très argileux qui remonte plus haut eue le sommet du P5 ; fait suite le second P20, (1.8,.5 mesuré), pentu. '1'n son milieu eiste une étroiture qui aboutit è le. base du P5. Avant l'étroiture qui amène à la base du P20, on raverse une courte diaclase orientée è O° et oui est certainement en relation avec les fis-sures de la base du P5,. • Après l'étr iture base du P20, il y a deux galeries.
Celle de gauche remonte sur une dizaine de mètres et tourne à droite en se rétrécissant. Celle de droite amène au Grand Puits (ou P 40 qui se décompose ainsi : P 6 très pentu, P 5 à suivre, P 22 plein de gaz, P 7 étroit). Au sommet du grand puits, sur la gauche existe une jolie diaclase de quelques mètres qui devient rapidement très étroite. Au bas du P 5, on trouve deux pla-tes - formes succéssives, spacieuses (0 2 m). De là, une remontée de 5 mètres amène à une autre galerie ayant la même configuration que les précédentes avec un méandre de plancher admirable. Un puits ascendant de 6 m fait suite à cette courte galerie. Des plates-for-mes débute le P 22, rigoureusement vertical et très érodé. A cet endroit le puits a un diamètre moyen de 4 mètres. A sa base, une ' succéssion de ressauts étroits forme le P 7. La base de ce P 7 est. un formidable éboulis constitué de rochers de toutes dimensions. De là se poursuit une courte galerie très argileuse obstruée de toutes parts.
RENSEIGNEMENTS TOPOGRAPHIQUES :
Dates de topographie : 8/12/79. 23/02/79. 26 et 27/04/80.
Développement topographique : 286 m.
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Grotte vicine
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